La voix du frangin au
téléphone :
« - Où vas-tu encore courir,
vagabond, cet été ?
- Atacama, un désert, au Chili…
- Ah ! Et bien moi, je ne m’y risquerais sûrement
pas ; je connais ma géographie et je vois où c’est :
il doit y faire une chaleur torride … »
Et pourtant dans le
paquetage, un duvet -20°C, deux vestes polaires, Gore-tex,
gants et sur gants, collants, bonnets et passe-montagnes…
bref, tout le matos des balades hivernales chez nous !
Nous sommes cependant de simples touristes, qui seront
assistés il est vrai, par de puissants 4x4 pour les approches.
Ce à quoi le frangin n’a pas pensé, c’est qu’en juillet
c’est l’hiver dans ce pays, que le voyage se déroule en haute
altitude et que les objectifs qui nous motivent se situent
entre 5000 et 6000 m. Il faut dire que les promenades en
question se feront plutôt sur l’altiplano andin, de Chili en
Bolivie, entre salars et volcans.
Nous voici à Putre, au pied de
la cordillère, village relais, un camp de base à 3500 m
d’altitude, idéal pour qui doit se fabriquer un surplus de
globules, afin de se préparer à affronter de plus hautes
altitudes.
Passé ces prémices on peut, à partir de là, se
dégourdir les jambes autour de splendides lagunes, dans
lesquelles se reflètent les cônes enneigés des volcans
jumeaux, le Pomerape et le Parinacota se hissant
respectivement à 6280 et 6340 m. Dans une échancrure, de
l’autre côté de la frontière, le Sajama, toit de la Bolivie
avec 6542 m, émerge et rappelle de lointains souvenirs, une
conquête jadis manquée, à la fin du siècle dernier, 1992…
Cette parenthèse septentrionale fermée, voici les fameux
salars, immenses étendues de sel : salar de Surire, salar
de Coipasa, salar d’Uyuni. Les paysages sont magnifiques
autant qu’insolites. Nous pouvons contempler oiseaux, oies,
canards, ibis noirs, flamants roses et petits rongeurs (les
vizcachas), sans oublier les fiers camélidés que
sont lamas, guanacos, alpagas et vigognes.
Rappelons
nous de cette approche, les premiers jours du voyage vers le
cratère endormi du Thunupa ( 5321 m) depuis Coquesa, un gîte
au souvenir plutôt glacial, sur la rive nord du salar d’Uyuni.
Et puis San Pedro de Quemès, d’où l’on part vers un autre
volcan bien vivant celui-là, au terme de trois heures
laborieuses sur des pistes sommaires dans un désert total.
Puissants tourbillons de vapeurs, soufre à tous les étages…
belle récompense au bout de quelques centaines de mètres d’un
dénivelé éprouvant. Le tableau est grandiose. Ce volcan a un
nom quasi imprononçable : il s’appelle Iruputunco et
mesure presque 5200 m de haut…
Voici ensuite Quetena,
village du désert, sans âme qui vive en apparence, comme dans
beaucoup de ses homologues. C’est le point de départ pour
l’Uturunco, un sommet de 6080 m. Pas besoin de corde, de
piolet ni de crampons, bien que quelques langues de neige
gelées pourraient poser problème près du cairn sommital. Il
convient bien entendu d’être parfaitement acclimaté sous peine
d’échec certain. Pour la plupart d’entre nous, c’est un joli
baptême, celui des 6000 ! Mais il faut avouer en toute
discrétion cependant, que les Toyota se sont approchés vers
5700 m…
Avant de quitter la Bolivie, on
ne peut passer sous silence les fabuleuses lagunes
« Colorada » et « Verde », parmi beaucoup
d’autres. C’est la région du Sud Lipez, dans la province de
Potosi. Nous avons passé là, notre dernière nuit polaire
bolivienne. Un des plus beaux volcans andins, le Licancabur,
se reflète magnifiquement dans la Verde du haut de ses 5916 m…
(suite à venir...)
Texte de Maurice Lachal
Voyage proposé par Tirawa
Diaporama Chili Bolivie sur Tirawa