La majeure partie de la population vit sur la côte ouest du Groenland. La côte à l'est demeure quasiment inhabitée, excepté dans quelques villages inuits séparés par des milliers de kilomètres. Mais les bonnes montagnes sont ici.
Pour se rendre à Ammassalik, il faut voler jusqu'au petit aréoport de Kulussuk et ses fauteuils en peau de phoque. Un premier petit vol panoramique et nos yeux découvrent une nature qui dévoile sans pudeur ses merveilles3 Véritable attentat à l'étroitesse que cette vision d'un décor sur lequel il est impossible d'associer la moindre échelle de distance!
Imaginez un océan blanc criblé d'icebergs pris dans la banquise et dominé par des montagnes dignes de ce nom. Saupoudrez le tout de glaciers "king size" et de 18 heurs de lumière rasante par jour et vous saisissez la raison de votre présence ici.
Une neige fine tombe régulièrement et les 30 à 40 centimètres de fraîche présument des conditions favorables à la glisse. C'est rassurant car il est parfois difficile d'avoir des infos précises sur le climat complexe de ce genre de contrée.
Question population locale, vous serez très bien accueilli. Il est tout à fait possible de mélanger vie à l'occidentale et découverte des traditions inuits. Parmi celles-ci, des contacts fréquents avec les ours polaires. Alors n'hésitez pas à vous faire accompagner d'un ange gardien (armé d'une Winchester de préférence).
Enfin, dernier élément à prendre en compte avant de vous élancer: le "pitarak". Ce n'est pas un alcool local, ni un mouvement terroriste, mais un des vents les plus violents de la planète. Arrivé du Grand Nord via un inlandsis au CX nul, il peut atteindre les 250 km/h.
Cette fois c'est parti. A bord de l'helicoptère qui vous servira à tous vos déplacements, vous commencez vos repérages...
Premier constat - peu aimable - lors de votre "snow check", les pentes ont subi le fameux
pitarak. La neige alterne entre
très dure et un peu souple. Mais le paysage change de jour en jour: la banquise fond, regèle, craquelle et s'enneige en permanence. Vous repérez une face multicombe où s'accumule la neige, déplacée par je ne sais quel courant d'air.
Mais dans l'ensemble, il est souvent très délicat de tenter des gros saut dans la région
d'Ammassalik. La solution? Vous déplacer encore plus au nord. Vraiment plus au nord: à
Sermiligaq. Seules quelques tribus nomades inuits ont été recensées comme vivant au delà.
Sermiligaq n'a rien à voir avec
Ammassalik. Ici, pas de bar, pas d'alimentation ni de
snowmobile. C'est un vrai village de survie, avec une église et une école. L'avantage du lieu? Les alentours sont protégés du
pitarak...
Imaginez une neige poudreuse, cette neige unique qui a l'aspect de la neige du printemps. Beaucoup de sections sont bonnes à
carver. Les pentes dominent un énomre iceberg bizarroide au milieu d'un lac naturel. Une abrupte presqu'île émerge à l'horizon. Coin
magnifique...
Vraiment hallucinant ces formes lumineuses qui naissent dans la nuit, se déforment et s'évaporent. Ces aurores boréales - seulement visibles dans les régions glacières - sont composées de particules solaires déviées par le champ magnétique des pôles... Dans cette ambiance, le rythme tranquille est terminé. Car les possibilités sont énormes: montagnes raides de 2500 mètres d'altitude. Au niveau de l'océan! Pentes larges, petits couloirs, barres rocheuses, etc... Tout y est
Tout est conforme à la norme du free-ride impérial. Mais pourquoi n'est-il pas possible de commander de la "fraîche" comme on réserve un court de tennis (sauf à Sermiligaq)? Avant votre retour proche, vous pouvez sacrifier à la traditionnelle pêche à la ligne par un trou dans la banquise. Vous craquerez aussi surement pour les petits monstres tribaux appelés "tupilaks", parfaits souvenirs sculptés dans la corne de renne ou de baleine narvale (les Inuits sont les seuls autorisés à la chasser). Probablement, vous goûterez d'ailleurs sa chair lors du dîner de départ.
Vous reviendrez en passant par Reykjavik puis Copenhague. Deux jours de voyage. Mais quand on revient d'aussi loin...